Le vieillissement démographique pourrait maintenir des taux d'intérêt bas jusqu'en 2050

Le vieillissement démographique pourrait maintenir des taux d'intérêt bas jusqu'en 2050

Thomas Anselme
mis à jour le 16/09/2021

Le vieillissement démographique pourrait maintenir des taux d'intérêt bas jusqu'en 2050

On constate que depuis les années 1980, l'excès d'épargne disponible par rapport à la demande d'investissement tire de manière structurelle les taux d'intérêt à la baisse. Le vieillissement de la population, qui s'accompagne donc d'une hausse de la richesse mondiale, explique amplement ce phénomène.

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On pourrait craindre que la baisse annoncée des interventions des banques centrales sur les marchés financiers créerait une hausse rapide et importante des taux d'intérêt à long terme. Ça ne sera pas forcément le cas.

L’omniprésence des banques centrales, et le fonctionnement des marchés obligataires durant ces années écoulées aurait tendance à faire oublier que les taux d'intérêt à long terme ne dépendent pas essentiellement des politiques d'achats de titres des instituts monétaires. D’autres facteurs tirent les taux à la baisse depuis les années 1980. Cela, bien avant que la Fed (Réserve Fédérale des États-Unis) ou la BCE ne découvrent les vertus de l’assouplissement quantitatif (« quantitative easing »).

Parmi ces facteurs, l’un d’eux est clairement identifié. Il s'agit de l'excès d'épargne disponible. Les taux longs sont en effet calculés pour qu’il y ait un prix d’équilibre entre l'offre d'épargne et la demande d'investissement. En 2016 déjà, Mario Draghi (Gouverneur de la Banque d’Italie à l’époque) indiquait que les taux d’intérêt bas étaient « le symptôme d'une demande d'investissement insuffisante à travers le monde pour absorber toute l'épargne disponible. »

Une population plus âgées engendre plus de richesse nette

Contrairement à ce qui est enseigné dans les livres d’économie, le vieillissement de la population mondiale accentuerait effectivement ce phénomène. Car, même si les sociétés plus âgées ont fréquemment un taux d’épargne plus léger, il est constaté que les populations d’un âge avancée ont tendance à avoir davantage de richesse nette, car elles désépargnent plus lentement.

Ce phénomène a d’ailleurs déjà été constaté par la Banque d’Angleterre. Gertrjan Vlieghe (économiste anglo-belge) expliquait alors que même si le taux d'épargne avait diminué, il restait positif car le vieillissement de la population avait entraîné une hausse de la richesse totale.

A ce phénomène s’ajoute un second facteur causé par le vieillissement de la population. Celui-ci affecte grandement la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut). Or, une croissance lente n’incite pas les entreprises à investir fortement. En effet, elles craignent pour l’avenir. Quant aux États, lorsqu’il y a une croissance faible, ils préfèrent opter pour une modération du budget, quitte à faire des sacrifices sur des investissements qui pourraient être favorables à la croissance future. La demande de fonds liée à l'investissement s’en retrouve donc réduite.

Un taux d'intérêt neutre

Avec le constat de l’évolution démographique aujourd’hui, le taux d’intérêt réel, dit « neutre » promet de rester très bas. Ce taux théorique guide les banques centrales. Ce taux correspond ainsi au taux directeur qui serait sans effet sur une économie qui tournerait à son potentiel et dont l'inflation aurait atteint la cible visée par l'institut monétaire.

Le taux neutre de la zone Euro se situait entre 4% et 6% dans les années 1980. Il était descendu à -2% juste avant le début de la pandémie mondiale du Covid-19 à cause du vieillissement de la population mondiale. L'accroissement de la longévité incite à épargner davantage pour sa retraite ainsi que le taux de natalité plus faible, ont un impact direct sur la demande globale.

En outre, même si l’augmentation de la dette des Etats coïncident avec des rendements obligataires plus élevés, cette conséquence a été presque entièrement compensée par la diminution de la productivité. D'ici à 2050, une hausse de la productivité n’est pas attendue, de même qu’une hausse de la natalité dans la zone Euro. L’espérance de vie continuera à augmenter, et donc, le taux neutre réel a peu de chances d'augmenter de façon importante au cours de ces prochaines décennies.

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