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Point de situation Covid-19 à La Réunion

Thomas Anselme
mis à jour le 28/06/2021

Point de situation Covid-19 à La Réunion

Les autorités sanitaires ont annoncé ce samedi 26 juin qu’il y a au moins six cas du variant Delta qui ont été détectés à La Réunion. Ce variant est réputé pour être plus contagieux, mais ses effets sont-ils plus importants que ceux causés par les autres souches de la Covid-19 ? Faisons un rapide point sur cette situation.

La variante Indienne de la Covid-9, que l’on appelle dorénavant le « variant Delta » circule donc de manière officielle à La Réunion. La préfecture et l’Agence régionale de santé de La Réunion l’ont confirmé dans la soirée du 26 juin 2021 dans un communiqué dans lequel elles précisaient que six cas avaient été identifiés dans le département du 974.

Parmi les personnes identifiées comme porteuses du nouveau variant Delta, on dénombre trois collégiens ainsi que trois professionnels issus de trois collèges différents. Des contaminations qui sont semble-t-il toutes liées entre elles, ont tenu à préciser les autorités. Les investigations se poursuivent, pour essayer de remonter encore la chaine de transmission, et mieux comprendre comment le variant Indien a réussi à se propager sur l’Ile.

60% plus contagieux mais...

Il semblerait que le variant Delta circulerait en réalité depuis quelques semaines déjà sur l’Ile de La Réunion.

Selon des données qui ont été rassemblées par la communauté scientifique, il serait 40 à 60 % plus transmissible que le variant Anglais, que l’on appelle maintenant le variant Alpha.

Cependant, s’il est avéré que ce variant est bien plus contagieux, il n’est pas forcément plus létal, selon le docteur Patrick Mavingui, directeur de recherche au CNRS et à la tête de l'unité UMR Pimit de l'Université de La Réunion, une équipe spécialisée dans les Processus infectieux en milieu insulaire Tropical et installée dans les locaux du Cyroi.

Le variant bêta plus présent actuellement dans l’île

Depuis la détection des premiers cas de Covid-19 l’an dernier en Chine, à Wuhan, ce coronavirus n’a cessé de muter et présente aujourd’hui plus de 10 000 déclinaisons. C’est d’ailleurs le propre de ce type de virus que de muter.

A La Réunion, c’est encore le variant Bêta, dit Sud-Africain, qui est encore le plus représenté, puisqu’il est identifié dans 90% des séquençages réalisés par les équipes du Pimit. Mais si l’on se fie aux études qui sont réalisées et présentées dans d’autres endroits du globe, il pourrait vite céder sa place au variant Delta.

Une accélération de l'épidémie en août ?

Selon les spécialistes, il est possible que le variant Delta réussisse à dépasser le variant Alpha, si on ne respecte pas les mesures barrières et si la vaccination ne s’accélère pas. La seule barrière à ce genre de nouveau variants restant la vaccination. Même s’il est vrai que certaines personnes vaccinées ont été tout de même contaminées, ce pourcentage reste infime, et ces personnes n’ont pas connu de complication.

Afin d’atteindre l’immunité collective, l’objectif étant toujours d’arriver à 70-80 % de personnes vaccinées, afin qu’il n’y ait plus de circulation du virus.

Où en sommes-nous pour la vaccination ?

La vaccination est actuellement jugée trop lente à La Réunion. Selon le dernier bilan de l’ARS (Agence Régionale de Santé), seulement un Réunionnais sur trois a reçu la première dose du vaccin. En comparaison près de 50% de la population de l'Hexagone ont reçu la leur. Pour les autorités sanitaires ainsi que pour les médecins, il est nécessaire que les habitants de l’île fassent rapidement la démarche d'aller se faire vacciner, sans quoi l'allègement des mesures sanitaires s'annonce long et difficile.

Le département 974 est maintenant bien en retard sur le plan de la vaccination. Alors qu'il y a quelques semaines ce retard était causé par le manque de doses de vaccins dans le département, c'est maintenant le constat inverse : les doses sont bien là, mais les habitants ne vont pas suffisamment se faire vacciner.

Dans son communiqué du 24 juin 21, l’ARS annonce ainsi que 25,8% de la population Réunionnaise a reçu une dose de vaccin. C’est trop peu alertent les scientifiques, quand on sait notamment qu'une dose (pour le Pfizer du moins) ne suffit pas et que deux injections sont nécessaires pour être protégé. Et il n’y a que 17% des Réunionnais qui ont terminé le processus de vaccination, contre 29,8% en Métropole.

Pour l'Agence Régionale de Santé, les chiffres de La Réunion sont insuffisants. Les campagnes se multiplient donc, misent en place par l’ARS, l'université, et la Croix-Rouge. Des "vaccinobus" ont même été pensés pour permettre à la population qui ne peut se déplacer d’avoir accès au vaccin.

L’offre et la demande

Dans les centres de vaccination les infirmiers et infirmières font toujours le même constat. Il y a une baisse importante des rendez-vous et il n’y a plus de file d’attente. C'est le cas à par exemple à l'ancien hôpital Gabriel Martin à Saint-Paul, qui a été réhabilité en centre de vaccination. Aucune queue à l'entrée, des salles d'attente pratiquement vides. C’est un rythme plus confortable pour le personnel médical, mais cela prouve que la population ne vient plus se faire vacciner.

En médecine de ville, où des injections de vaccins sont aussi pratiquées, le constat est identique, et les médecins redoutent que les restrictions que nous connaissons actuellement sur l’île ne puissent être levées rapidement.

Moins de formes graves

L'inquiétude reste importante au regard du nombre de patients Covid qui sont en réanimation. Leur nombre peine à diminuer. C’est aussi le cas du nombre de décès dus au virus sur l’île chaque semaine. Si les autres indicateurs diminuent, lentement, ces deux-là ont du mal à réellement baisser.

Pour certains médecins, se faire vacciner c'est aussi atteindre une forme d'immunité, que certains veulent obtenir en tombant malades. Mais c'est sous-estimer la dangerosité du virus.

La question reste donc la même : comment convaincre les gens d'aller se faire vacciner, quand celle-ci n'est pas obligatoire ? Nécessaire désormais pour voyager sans motif impérieux, elle a poussé quelques futurs voyageurs à passer le cap. Mais ce n'est pour l’heure pas suffisant.

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